Un mois avant la proposition des candidats par le Conseil national du parti socialiste pour les élections européennes, le secrétaire à la rénovation Arnaud Montebourg propose une charte établissant des critères de sélection pour les députés européens.
L’idée n’est pas nouvelle. Déjà en 2004, le Nouveau parti socialiste (NPS ), à l’époque dirigé par Arnaud Montebourg, avait tenté de proposer la mise en place de critères de sélection pour les députés européens de la délégation socialiste française. Sans succès.
Désormais membre de la direction du PS, l’actuel secrétaire à la rénovation est revenu à la charge dans la perspective des élections du 7 juin 2009. Dans une note dont EurActiv.fr a pris connaissance, il brosse les grandes lignes de cette charte que devraient respecter les nouveaux élus du PS au Parlement européen. Une méthode qui permettrait d’éviter un travers aussi bien visible à droite qu’à gauche, à savoir que les élections européennes ne soient «la proie des courants qui cherchent à remercier des fidélités», explique le texte.
L’objectif de cette charte est donc de faire en sorte que les socialistes français acquièrent «une stratégie d’influence», à l’instar des Britanniques et des Allemands, qui ont bien compris l’utilité de se positionner à Bruxelles.
Ce projet fait également écho aux recommandations formulées par le chef de file de la délégation des socialistes français à Bruxelles, Bernard Poignant, lors du Congrès de Reims, le 15 novembre dernier.
Le texte interdit tout d’abord le cumul des mandats. Contrairement aux députés du Parlement français, les eurodéputés socialistes ne pourront donc pas «exercer de fonction exécutive locale significative». Et le texte de préciser que les députés devront être totalement présents à Strasbourg. A noter que les députés européens ne sont à Strasbourg que quatre jours par mois pour les sessions plénières. Leur activité s’exerce en priorité à Bruxelles au sein des commissions parlementaires. Ils travaillent également avec les autres institutions de l’UE, ainsi qu’avec les lobbyistes, dont la place est cruciale dans le processus législatif européen.
Impossible également pour les futurs députés européens socialistes de se servir de leur mandat «comme tremplin personnel pour en briguer un autre national ou local d'importance. Car un tel comportement laisserait penser que la France et les socialistes ne s'intéresseraient pas à l'Europe et se passionneraient davantage pour eux-mêmes». En clair, il s’agit de mettre fin à la possibilité pour les députés d’écourter leur fonction.
Comptes rendus réguliers: Afin de conserver un lien avec les citoyens, les élus socialistes ne devront pas «déserter» leur circonscription une fois élu, précise la note d’Arnaud Montebourg. Les députés devront donc faire «des compte-rendus de mandat réguliers». L’objectif étant de montrer «qu'il existe au sein de l'Union européenne une droite et une gauche qui ne font pas les mêmes choix».
La diversité devra également être au cœur des listes PS aux européennes afin de «représenter la pluralité des origines des Français».
Dernière proposition d’Arnaud Montebourg: échanger des candidatures avec les partis frères du parti socialiste européen (PSE). Concrètement, le secrétaire national à la rénovation propose de trouver «les conditions d'un échange en position éligible entre un socialiste français, qui serait élu dans un autre pays, et un socialiste de ce pays qui serait élu en France sur [les] listes» du PS.